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  père : Henry de Boysson mère : Jeanne l'Orillard d'Aubigny    
 

Xavier de Boysson

 

23 (29 ?) avril 1896 - 5 mai 1917

 

conjoint :

 

 
 

 

Xavier (Marie, Alexis) de Boysson naquit à Doyssac, le 23 avril 1896, et y fut baptisé.

Il eut pour parrain Xavier de Boysson, contrôleur de l'armée, son oncle, et pour marraine, Mme Henri Dubus, née Marie Digard, sa cousine, résidant à Paris.


C'est à l'école communale de Doyssac qu'il fit ses études élémentaires. Ses études secondaires se poursuivirent à partir de 1907 au collège St Joseph, à Périgueux, il y fut reçu bachelier.


Xavier était encore collégien quand la guerre éclata en 1914. Cependant, dans le courant du mois d'août, il obtenait de son père l'autorisation de s'engager et de rejoindre sous les drapeaux ses trois frères, Joseph, Charles et René, partis dès les premiers jours de la mobilisation. Engagé volontaire, il fut incorporé à Provins, et envoyé ensuite à Montpellier. Nommé brigadier mitrailleur, le 4 septembre 1915, il rongeait son frein, entre les vagues tentatives de formation d'un bataillon cycliste et le dressage des jeunes chevaux importés d'Amérique.
Il fut cependant dirigé sur le front, mais là encore, il regrettait sans cesse de ne pouvoir s'y distinguer comme il l'aurait voulu.

En mai 1917, il se trouvait au 11 ème Régiment de Cuirassiers à pied et prenait enfin part à une grande attaque. Le 20 avril 1917, il avait écrit aux siens: "J'ai quitté le dépôt divisionnaire, suis à présent au peloton du canon de 37. Ce qu'on va faire ne peut être dit; en tout cas, tout est prêt à bondir. Nous nous rapprochons du front de plus en plus".
Le lendemain, 21 avril, il envoyait ces lignes à sa soeur Marie-Thérèse: "Voilà huit jours que je suis affecté au peloton du 37 m/m du régiment. Te dire comment je m'y trouve, je n'en sais encore rien. Je pourrais y être fort bien, et les hommes aussi; mais il faudra du temps et une grande habitude...

Ma pièce s'appelle Marie-Thérèse. J'espère que tu seras fière de ce que ton nom est inscrit sur mon canon. J'ai à commander sept hommes: ils sont tous très gentils...".

le 3 mai 1917, il traçait au crayon, sur une carte postale ces quelques lignes: "Où serons-nous demain? Ca va barder. J'espère qu'on les aura malgré leurs carrières, abris extraordinaires. Demain, c'est la grande chose. La Marie-Thérèse supportera le coup dur. J'en réponds. Les obus tombent par-ci, par là; on les supporte crânement... Enverrai un mot demain soir...".

Ce mot, il ne l'a pas envoyé; et, quelques jours après, c'était une écriture inconnue qui apportait une triste nouvelle. Xavier de Boysson était tombé, frappé par une balle, en pleine action aux abords du Moulin de Laffaux, sur le chemin des Dames, le 5 mai 1917 .

Rien ne peut mieux édifier sur sa fin glorieuse que les lettres reçues par sa mère quelques jours après.

"17 mai 1917...

Madame, Je suis son ancien Maréchal des Logis et c'est tout de suite que j'aurais voulu vous dire la conduite magnifique de Monsieur votre fils et qui doit occasionner pour lui une citation à l'armée. Mais la Providence l'a déjà récompensé et là-haut, il nous protège, ses anciens camarades qui l'admirent et qui l' envient.
Sa pièce étant démolie, très bravement, mousqueton au poing, il s'est élancé à l'attaque avec les vagues d'assaut et, quelques instants après, une balle de mitrailleuse l'atteignait et vous le ravissait pour le jeter dans les bras de Dieu.
Permettez-moi de vous exprimer mes condoléances pour votre peine immense et la part que je prends à votre deuil. Je prie avec vous celui que vous aimez, pour que votre douleur s'adoucisse et que son sacrifice soit le gage du salut de la France."

 

La Poëze, Maréchal des Logis au IIè Cuirassiers

 

"22 mai 1917...

Madame, Le Colonel, actuellement blessé, me fait parvenir une lettre de vous au sujet de votre cher fils que nous regrettons tous et dont le geste héroïque, qui lui a coûté la vie, fait notre admiration.
C'était un soldat comme il en est peu, et, de cela, j'ai le témoignage de tous ceux qui le connurent et qui ont l'espoir de le venger.
Le 5 mai, au matin, quand nous avons attaqué Laffaux, je n'étais pas avec Monsieur votre fils, mais j'ai su que, dès le début, au moment de la sortie des vagues d'assaut, la pièce de 37, qu'il avait vaillamment servie, pendant plusieurs jours déjà, sous un violent bombardement, avait été démolie par le feu d'une mitrailleuse.
C'est alors qu'avec la plus grande bravoure, il a entraîné ses hommes à l'assaut, mousqueton au poing.
Peu après, comme j'ai déjà eu la douloureuse mission de vous l'écrire, une balle l'atteignit en pleine tête et il s'éteignit doucement, sans presque souffrir.
Aujourd' hui, il repose au cimetière de Hargival très probablement ou à celui du chemin de Laffaux où sont étendus tant de braves du IIème. Je sais qu'il a été rapporté et enterré à l'un de ces deux cimetières très proches l'un de l'autre. Je tâcherai de savoir ce que sont devenus ses affaires personnelles, mais il y a tout lieu de croire qu' il les a encore sur lui...

 

La Poëze, IIème Cuirassiers

 

 

"3 juillet 1917...

Madame, Je vous envoie la magnifique citation dont monsieur votre fils a été l'objet et qui aurait surement, il n'y a pas de doute, entraîné une récompense plus haute en d'autres circonstances:
"Brigadier très courageux, a été tué le 5 mai 1917, en continuant à progresser au mousqueton après la mise hors de service de son canon de 37, au cours de l'attaque du Moulin de Laffaux".

 

La Poëze, IIème Cuirassiers

 

"25 août 1917...

Madame, Votre pensée de M'envoyer un souvenir de votre cher fils M'a profondément touché et la lecture des textes de l'image m'a confondu. Les extraits de sa correspondance ne me surprennent pas ; ils sont un reflet de son âme très belle.
Bien que, depuis peu à cette troisième pièce, il avait su lui inculquer son tempérament ; il pouvait compter dessus...

 

La Poëze, IIème Cuirassiers

 

"25 août 1917...

Madame, Votre pensée de M'envoyer un souvenir de votre cher fils M'a profondément touché et la lecture des textes de l'image m'a confondu. Les extraits de sa correspondance ne me surprennent pas ; ils sont un reflet de son âme très belle.
Bien que, depuis peu à cette troisième pièce, il avait su lui inculquer son tempérament ; il pouvait compter dessus...

 

La Poëze, IIème Cuirassiers


Sa soeur Marie-Thérèse reçut également d'un des camarades de Xavier, les lettres suivantes :

"17 mai 1917. Mademoiselle,

Puisque vous savez maintenant que votre frère est mort au champ dl honneur, je puis vous donner des détails. Si je ne l'ai fait plus tôt, vous devez, sans nul doute, savoir pourquoi. Car il est toujours pénible d'apprendre la mort de quelqu'un qui compte parmi ceux qui vous sont chers. Croyez bien, Mademoiselle, que moi-même en ai le coeur bien gros et c'est avec des larmes dans les yeux que je fais la lettre qui vous est présentée ; car votre frère était pour moi un excellent camarade. Nous étions l'un et l'autre ni plus ni moins que deux frères...
Avant de monter à l'attaque, nous avions pu nous voir, attendu que nous étions au même bataillon. Nous avions causé au cas où il nous arriverait quelque chose, soit à l'un, soit à l'autre. L'attaque se déclencha à 5h du matin; à 7 h 1/2, nous réussissions à pénétrer dans la 1ère tranchée ennemie; à 8 h 1/2, nous avions encore progressé et réussi à prendre position dans la deuxième ligne ennemie; mais l'ordre ayant été donné de faire un peu d'avance, tout le monde sortit de la tranchée et au moment où votre frère se préparait à pointer son canon-revolver, il reçut une balle en plein front ; il a eu le courage de crier encore une fois: maman et il expira, mais il est mort sans souffrir. L'attaque étant finie je pus de mes propres yeux constater malheureusement la réalité".

 

André Tranquille.


"28 mai 1917... Mademoiselle,

Nous sommes actuellement aux tranchées et c'est dans ma guitoune que je viens de recevoir votre lettre... Il y a un proverbe qui dit: "Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on fit à vous-même", et j'ai mis ce proverbe à exécution. Votre frère Xavier est tombé à l'embranchement des routes de Maubeuge à Soissons le 5 mai, entre 9 et 10 heures du matin. Il est enterré derrière les carrières du plateau de Margival. Tant qu'au numéro, je ne puis vous le dire, car, quand nous avons quitté les carrières, les morts étaient ramassés mais non identifiés. Mais vous pouvez avoir la conscience tranquille, car, outre le numéro, il y a aussi le nom ainsi que le recrutement et la classe... Le matin avant l'attaque, l' aumonier du régiment qui était avec nous a bien voulu nous donner l'absolution, du reste c'est une chose qui est réglementaire. En descendant des tranchées, nous allons avoir une messe à laquelle je n'oublierai pas d' assister en mémoire de nos glorieux morts du IIème Cuirassiers. Je vais terminer ma lettre, car voici l'heure de ma faction".

André Tranquille.



Malheureusement les attaques et contre-attaques qui agitèrent ce secteur jusqu'à l'autome 1918, bouleversèrent de fond en comble le terrain, et, quand au début de 1919, des recherches furent entreprises pour retrouver la tombe du cher disparu, aucune trace de celle-ci ne subsistait. Son corps doit être inhumé avec ceux de ses camarades du IIème Cuirassiers, qui ne purent être identifiés, dans le cimetière militaire de Margival.

A la Croix de Guerre qui lui fut décernée à la suite de la citation dont il avait été l'objet (voir la lettre du 3 juillet), est venu s'ajouter en mars 1920, la Médaille Militaire.

Une chronique lui fut consacrée dans Le livre d'or de la Grande Guerre écrit par le Collège Saint Joseph de Périgueux en 1923

 

Plaque commémorative dans la Cathédrale Saint Front de Périgueux

 

Monument commémoratif à l'école Saint Joseph

 

 

 

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