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  père : Amédée mère : Marie Thérèse de Chaunac    
 

Bernard de Boysson

Général de corps d'armée

 

19 mars 1837 - 4 novembre 1900

 

  conjoint : Marie-Louise Delsol

 

 

N° 1

Bernard, Charles, Claire, Joseph, Marie de Boysson, fils aîné d'Amédée et de Marie-Thérèse de Chaunac-Lanzac, naquit au château de Doyssac le 19 mars 1837 à neuf heures du matin.

Bernard suivit les cours de la pension Villars, établissement privé qui préparait au baccalauréat et aux grandes Ecoles. C'est ainsi qu'il fut reçu le 3 novembre 1955 à l'Ecole Spéciale Militaire de St-Cyr à l'âge de 18 ans. Il y suivit sa scolarité dans la 4e compagnie, sous le matricule n° 8176. Il se livra alors à tous les exercices demandés, dont la réalisation de croquis de plans de batailles célèbres :

Il sortit de l'Ecole en 1857 (172 sur 576), dans la promotion "Prince Impérial", et fut affecté au 2è Lanciers à Libourne.

Ce sera le début d'une longue et brillante carrière. Jeune officier, il sera bientôt remarqué pour son allant, ses qualités d'instructeur et son sens du commandement.

Il suivi les cours de l'Ecole impériale de cavalerie en qualité d'officier d'instruction du 1er janvier 1860 au 31 décembre 1860 (soriti 10 sur 78), puis comme lieutenant d'instruction en 1862-1863 (sorti 3 sur 19).

Il fut maintenu a Saumur par décision spéciale pour y être instructeur jusqu'au 28 aout 1864.

Il fit campagne en Algérie en 1866.

Il épousa le 30 septembre 1867 à Villeneuve-sur-Lot Marie-Louise Delsol. Les témoins étaient pour le marié, le comte Ludovic de Chaunac-Lanzac et le vicomte de La Verrie Vivant, ses oncles.

A la déclaration de guerre de 1870, il était capitaine instructeur au 4è régiment de chasseurs à cheval à Colmar (promu le 14 aout 1864). Il fut choisi pour commander l'escadron d'escorte au général d'armée Frossard. Cet escadron assurait de délicates missions de liaison, de reconnaissance et de protection. C'est ainsi que Bernard participera aux combats de Forbach (4 août), Gravelotte (16 août) et St Privat (18 août). Pendant le siège de Metz son escadron est affecté au commandement en chef et participe aux sorties de Souvigny et de Noisseville (28-30 août). C'est à la suite de cette dernière bataille qu'il reçut la croix de la Légion d'honneur, le 5 septembre.

C'est alors que survint l'épisode rapporté en ces termes trente ans plus tard par le général Millet aux obsèques du général de Boysson :

"Le commandant en chef, voulant reconnaître une position sans attirer sur lui l'attention de l'ennemi, donna l'ordre au commandant d'escorte de dissimuler ses chasseurs et d'attendre ainsi son retour. Puis il s'éloigna, seul, avec son aide de camp. Bientôt après, le capitaine de Boysson qui le suivait du regard vit une embuscade sortir d'un bois et entourer le général. Entraînant ses cavaliers au galop, il surprit les uhlans et les mit en fuite. Le maréchal était délivré. Quelques jours après, le capitaine de Boysson était décoré de la légion d'honneur pour fait d'armes."

Le commandant en chef n'était autre que le maréchal Bazaine qui fut, deux mois plus tard, rendu tristement célèbre pour avoir cédé la place de Metz à l'ennemi. Quel eût été le sort de l'armée de Metz si le commandant d'escorte, obéissant aux ordres de son chef, avait laissé enlever par les Prussiens celui qui devait livrer à l'ennemi notre meilleure place de guerre ?

Après la défaite et la capitulation, Bernard fut fait prisonnier (29/10/1870 - 25/03/1871). C'est d'ailleurs d'Erfurt qui co-signa le 8 décembre 1870 une lettre de protestation à la tentative de restauration bonapartiste :

L'indescriptible douleur d'assister, impuissante, à la dévastation de sa malheureuse patrie n'était donc pas suffisante pour l'armée française ! Il lui faut subir une épreuve plus pénible encore. On voudrait faire planer sur son honneur les plus outrageants soupçons, en admettant la possibilité de sa coopération à la restauration du pouvoir qui a trahi la France. La rédaction anonyme du journal le Drapeau, qui nous impose ses exemplaires, aurait dû comprendre qu'après Sedan et Metz, il ne pouvait y avoir dans un coeur vraiment français que deux sentiments : l'amour de la patrie, l'horreur du gouvernement qui l'a livrée à l'ennemi.

Bernard retourna à Saumur en 1872, comme capitaine instructeur, et connaîtra un avancement rapide.

Promu chef d'escadrons le 31 janvier 1875 au 11e régiment de dragons, il est lieutenant-colonel au 17e régiment de dragons en 1880. Il fait alors partie pendant trois périodes successives, de la Commission présidée par le général de Gallifet pour la rédaction du réglement de manoeuvre de la cavalerie. Une nomination hâtive au grade de colonel au 8eme dragons le 30 décembre 1884 le récompense de ses services.

 

La Revue de la Brie et du Gâtinais, n° du 25 avril 1888 mentionne la revue du samedi 14 avril 1888 :

" La revue du 8e dragons a eu lieu à Meaux à 1 heure. Le général Hubert de Castex a été reçu sur la place Lafayette par le colonel de Boysson. M. de Castex a passe sur le front des troupes, qui avaient toutes la nouvelle tenue. L'inspection terminée, le régiment a défilé en colonne par peloton devant le commandant d'armes. Les escadrons étaient suivis de la forge de campagne, des équipages régimentaires, des fourgons d'ambulance. Le général a vivement félicité M. de Boysson. Partout on a admiré l'excellente tenue des hommes, le parfait état des chevaux, l'aisance de tous sous les armes, et la sûreté de commandement des chefs."

Le 11 juillet 1891, Bernard est promu au rang de général de brigade, successivement à la 8eme brigade de cavalerie puis à celle du XVIIè corps. Il devient général de division le 16 mars 1895, et est affecté au commandement de la 6e division de cavalerie à Lyon.

Le relevé des Rapports et délibérations du Conseil général du Rhône de 1898 narre l'anecdote suivante (29 aout 1898) :

"Dernièrement, au concours hippique qui vient d'avoir lieu à Lyon, M. le général de Boysson a bien voulu faire paraître une patrouille du 2e dragons qui, sous la conduite d'un officier, venait de couvrir en trente heures 315 kilomètres en terrain accidenté. D'après le rapport du fonctionnaire des haras, qui a assisté à cette présentation, les chevaux étaient frais et en belle condition. On ne se serait jamais douté qu'il venaient d'accomplir un si long parcours."

Bernard commande la cavalerie aux grandes manoeuvres de 1898 à Moulins. Il s'y distingue, y est invité à déjeuner avec le président de la République Félix Faure (le 15 septembre à l'Ecole de l'agriculture de Moulins), et reçoit quelques mois plus tard (le 12 mai 1899) le commandement du XIIIe corps d'armée à Clermont-Ferrand.

L'année suivante, le 4 novembre 1900, alors qu'il quittait sa propriété de La Cenne, en Lot-et-Garonne, pour visiter un voisin; un banal accident de voiture mit subitement fin à ses jours (fracture du crâne). Il fut enterré le 7 novembre 1900, à Villeneuve-sur-Lot, avec tous les honneurs militaires dus à son grade, et avec le concours de toute la population de Villeneuve-sur-Lot. La cérémonie religieuse fut célébrée en 11 ancienne église Ste Catherine, par Monseigneur Coeuret-Varin, évêque d'Agen. Son corps fut transféré au cimetière de Doyssac vers 1909 à la demande de son fils aîné Jehan.

 

 

De l'avis général, il possédait au plus haut degré le sens de la parole. Il improvisait avec la plus grande facilité et aurait pu rivaliser d'éloquence avec les orateurs en renom. De belle taille, cavalier émérite, il aimait le panache; mais il demeurait accessible à tous, ne demandant qu'à être utile à ses compatriotes quelle que fut leur position sociale.

Dans les loisirs que lui laissaient ses devoirs militaires, Bernard de Boysson s'intéressait activement à l'histoire. Il était membre des sociétés historiques et archéologiques du Périgord, et du Tarn-et-Garonne, de la Société Académique d'Agen, et correspondant de la Société Historique et Archéologique de la Corrèze.

Etat des services de Bernard de Boysson (cavalerie)

S/Lt 2ème rég. Lanciers Libourne 01/10/1857-1859
Suit les cours de l'Ecole imp. de cav. comme off. d'instr. à Saumur 01/01/1860-31/12/1860
S/Lt 2ème rég. Lanciers Libourne 1861-1862
Lieutenant 2ème rég. Lanciers Libourne 17/06/1862-1862
Suit les cours de l'Ecole imp. de cav. comme Lt. d'instr. à Saumur 01/11/1862-31/10/1863
Maintenu instructeur à Saumur par décision spéciale 1863-28/08/1864
Capitaine instructeur 4ème rég. chasseurs Carcassonne 12/08/1864-1866
Capitaine instructeur 4ème rég. chasseurs Milianah (Algérie) 1866-1868
Capitaine 4ème rég. chasseurs Colmar 26/12/1868-1872
Capitaine instructeur Ecole de cavalerie Saumur 18/04/1872-1873
Capitaine instructeur au 4e chasseur, détaché à l'école de cavalerie en cette qualité 26/09/1873-03/08/1874
Capitaine instructeur Ecole de cavalerie Saumur 4/08/1874-1875
Chef d'escadrons 11ème rég. dragons Montauban 31/01/1875-1880
Lt-colonel 17ème rég. dragons Carcassonne 27/12/1880-1884
Colonel 8ème rég. dragons Valenciennes et Meaux 30/12/1884-1890
Commandant intérimaire brig. de cavalerie du VIIIe corps d'armée Dijon 21 avril 1890-1890
  11ème rég. dragons   25/07/1890-1891
Général de brigade Etat major général / 17ème brig. de cavalerie Montauban 11/07/1891-1895
Général de division Etat major général   16/03/1895-1895
Général de division Commandement de la 6ème div. de cavalerie Lyon 18/04/1895-10/05/1899
Général de corps d'armée XIIIème corps d'armée Clermont-Ferrand 10/05/1899-04/11/1900
       
Chevalier de la Légion d' Honneur 5 septembre 1970 (conf. 31 mai 1871)
Officier de la Légion d' Honneur 8 juillet 1889
Commandeur de la Légion d' Honneur 29 décembre 1898

 

On touve dans l'ouvrage Froeschwiller, Sedan et la Commune racontés par un témoin : lettres et souvenir du général Vte Aragonnès d’Orcet, de L. Le Peletier d’Aunay (1910), à propos du décès du général Stanislas d’Orcet :

"M. le général de Boysson, commandant le 13e corps d'armée, son camarade de promotion et son ami, prononça sur sa tombe les paroles les plus émouvantes qu'il nous ait jamais été donné d'entendre auprès d'un cercueil. Elles auraient eu leur place ici, mais, parties du coeur même du général de Boysson, elles ne furent jamais écrites. Celui-ci devait être lui-même cruellement ravi à l'armée quelques mois plus tard par un terrible accident. Qu'il me soit permis de réunir ici, dans une même pensée, ces deux vaillants soldats dont la vie militaire peut être proposée en exemple aux générations d'officiers, présentes et futures."

 

Le chanoine Pottier, Président de Société archéologique de Tarn-et-Garonne, le 14 novembre 1900 :

le 5 novembre, une dépêche m'annonçant un bien cruel événement devait faire remettre à huitaine cette séance du 7. Ce même jour, plusieurs membres de notre Compagnie et votre Président devaient assister aux funérailles du général en chef Bernard de Boysson (né le 19 mars 1837, à Doissac, en Dordogne).

Vous avez tous partagé la poignante émotion que nous a causée la nouvelle de sa mort foudroyante, et cela parce que vous avez tous pu comprendre le coeur généreux et bon, l'âme élevée et loyale, l'intelligence d'élite de ce vaillant. L'accident le plus vulgaire, une chute de voiture sur une route , au sortir de son château, a emporté celui que la mort avait respecté sur les champs de bataille et qui était l'honneur de l'armée.

Il vous souvient Messieurs de la fière mine de ce gentilhomme-soldat, qui commanda à Montauban la 33e brigade de cavalerie, et aussi de la simplicité charmante avec laquelle il se mêlait à nos rangs, participant à nos travaux, car il fut notre confrère actif à deux reprises.

Une première fois , de 1877 à 1880, chef d'escadrons au 10e dragons, l'archéologue était révélé déjà , il s'affirma mieux encore lors de son second séjour, de 1891 à 1895, général alors. Vous vous rappelez de quelle brillante façon il nous conta, en séance, les hardiesses et la bravoure de Geoffroy de Vivant, ce capitaine périgourdin aventureux, qui au XVIe siècle, batailla fort en notre région; il comptait parmi ses ancêtres.

Voulant, en septembre 1893, nous montrer son pays, il nous guida en une chevauchée mémorable dans le Périgord, à travers sites, villes, églises et châteaux, nous en disant l'histoire et nous en faisant admirer les beautés. Il ne fut pas seul, il est vrai, pour cet aimable et docte labeur, mais eut à son service « la savante « armée des Boysson, » comme nous l'écrivait le distingué président de la Société archéologique du Périgord, M. de Rouméjoux. Il vous fut facile, en cette excursion, d'apprécier ceux de ses frères que la mort avait respectés, après avoir fait cruellement sa part durant la guerre de 1870, quand les de Boysson étaient six frères à la défense de la Patrie. Quelle lignée valeureuse, Messieurs, et, pour ma part, combien j'eus de joie de retrouver parmi eux les meilleurs de mes amis de collège.

De cette vieille et forte amitié, le général Bernard de Boysson fournit une preuve nouvelle lorsqu'il voulut nous réunir tous, un soir, avant son départ de Montauban, dans le plus hospitalier des salons.

Vous retrouvez facilement dans vos souvenirs la bonne grâce de la maîtresse de maison et de sa fille, Mlle Catherine de Boysson. Il nous semblait alors que notre ville ne perdait pas le général, le mariage de son fils aîné créant des liens nouveaux qui devaient le ramener parmi nous. A cette époque, devenu divisionnaire, il fut inscrit parmi,nos membres honoraires.

Depuis, il y a un an à peine, je revoyais à Clermont le chef du 13e corps. Dans le plus cordial accueil, de nouveau il nous donna (je n'étais point seul membre de la Société) la preuve de son savoir en nous faisant visiter des monuments de sa région, en savant auquel n'échappe aucune des beautés de l'art. Dans nos causeries, en sa demeure si ouverte, il se plaisait à retrouver le Tarn-et-Garonne, à me parler de chacun de ceux parmi vous qu'il connut ici, et peu de jours avant d'être frappé lui-même, il m'écrivait sa peine au sujet de la mort de notre confrère Dumas de Rauly.

Le général de Boysson était, en effet, du petit nombre de ceux qui savent ne pas oublier. Nous aussi nous garderons pieusement et fidèlement sa mémoire.

En votre nom comme au mien, je salue ce chevalier sans peur et sans reproche. Chevalier, il l'était de race, il le fut aussi par les éperons d'or qu'il avait gagnés; sans peur, n'ayant tremblé ni devant l'ennemi, ni devant le respect humain; sans reproche dans sa vie de catholique fidèle, fier dans sa Foi professée, et bon d'une bienveillance qui donne et se donne sans compter.

Il n'en faut pas davantage pour attendre de Dieu la récompense d'une vie noblement et chrétiennement remplie, les siens ne l'ignorent pas, et, par là, sont soutenus dans leur immense douleur.

Ils savent aussi, Messieurs, que cette douleur vous la partagez; toutefois, j'en assurerai de nouveau Mme de Boysson et sa famille. Ses deux fils sont soldats comme leur père, et l'un d'eux, le lieutenant Jehan, est des nôtres. »

L'attention avec laquelle ont été écoutées les paroles prononcées par M. le chanoine Pottier a témoigné de la profonde sympathie que ressentait la Société archéologique pour le regretté général et qu'elle garde aux siens.

 

 

Souvenirs du second empire : une aventure de Bernard de Boysson, par Bertrand de Boysson, G.F. nouvelle série n°2.

Souvenirs du second empire : aventures de Bernard de Boysson (II), par Bertrand de Boysson

Rubrique Nécrologique du Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord 1901 ,par J.de Carneval

 

 

frères et soeurs

 

Louise

Richard

Paul

René

Maurice

Yolande

Henri

Albert

Max

Louis

Xavier

Jean

Suzanne

Marie-Thérèse

Vincent

(Charles ?)

 

enfants : Jehan , Maurice et Catherine